Couronnée par un Grand-Prix du Disque lors de sa parution chez ERATO en 1958, cette réalisation demeure plus de 50 ans
après "un document exemplaire et dont on imagine difficilement qu’il puisse être égalé tant sur le plan musical que sur le plan technique" (Claude Rostand).
Son absence actuelle du catalogue nous a conduit à lui rendre une seconde vie.
François et Yvette Carbou
Certaines des pièces pour violon et piano ici enregistrées font partie intégrante du grand répertoire violonistique. D'autres, comme
l'Introduction et fandango varié, ont disparu car non rééditées depuis un siècle. Elles méritent absolument leur place
dans ce CD où s'éveille en tout endroit cette danse du peuple. Après le premier CD, dédié aux grandes "Variations" sur des opéras
romantiques, fascinant Sarasate en son siècle, voici désormais sa propre vérité, son chant de l'âme, son unique "Cante jondo".
Nombreux en effet, sont les compositeurs qui se seront passionnés pour les poèmes de celle qui fut admirée tant par Hugo que par Rimbaud.
D’Adolphe Adam à Eric Tanguy, chacun dans son style propre, aura mis son talent de musicien au service de ses textes le plus souvent engagés, et leur offrant ainsi une seconde vie, celle de la mélodie. Bravo à Françoise Masset, brillamment accompagnée du pianiste Nicolas Stavy et qui confirme ici son double talent de chanteuse et de diseuse.
Condisciple de Pierre Cochereau au Conservatoire de Paris (ils y obtinrent ensemble leur prix d'orgue en 1948), Pierre Labric aurait pu alors prétendre à une brillante carrière de soliste n'eût été son incurable modestie. Certes demeureront toujours, aux oreilles des connaisseurs, ces intégrales des symphonies de Vierne et de Widor ainsi que l'oeuvre de sa vénérée Jeanne Demessieux qu'il grava dans le cours des années 60 sur son instrument de prédilection – enregistrements légendaires devenus hélas introuvables.
A sa manière, le présent Liszt (leur contemporain demeuré à ce jour aux trois-quarts inédit) entend donc rendre pleinement justice à un artiste qui, tout au long de son existence, n'aura eu cure de la moindre notoriété mais qui, à l'orée de ses 90 ans, méritait de se voir enfin reconnu à l'aune de son immense talent.